Yoann Offredo 24.01.2011

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Yoann Offredo nous répond …

 Maryline Haudegon : Quand as-tu commencé le cyclisme et comment ?

Yoann Offredo : J’ai débuté le cyclisme à l’âge de 14 ans. Ma passion me vient de mon père qui est responsable d’un club amateur. Quelques années plus tard j’ai commencé la compétition. D’abord en FSGT puis en FFC. De manière plus sérieuse et à plus haut niveau, seulement une fois ma L3 obtenue à l’âge de 20 ans.

 

Quel type de coureur penses-tu être : quels sont tes points forts et tes points faibles ?

 Je me caractérise comme puncheur. Je suis à l’aise sur plusieurs types de terrain. Mon réel point fort est ma capacité à me transcender lors des grands évènements. Je pense avoir un gros moral. J’aime le stress et les courses de mouvement. Mon point faible est mon manque de confiance en moi et peut être aussi mon impulsivité sur laquelle je travaille beaucoup.

 Quelle est la course de tes rêves, celle que tu voudrais absolument gagner ?

 Au-delà d’une étape sur le Tour de France je rêve de pouvoir un jour m’inscrire au palmarès de Paris Roubaix. Cette course est vraiment à part, on l’aime ou on la déteste. Moi j’ai choisi mon camp.

 Le plus beau moment depuis que tu cours ? Le pire ?

 J’ai vécu beaucoup de bons moments notamment ma première victoire chez les pros mais aussi lorsque j’aide mes coéquipiers à gagner comme lors de la victoire de Huta sur la Vuelta ou le Tour de Pologne. Le pire ? Mon hospitalisation l’an dernier suite à une grave infection.

 Comment as-tu passé la trêve ?

 La trêve est pour moi l’occasion de me reposer physiquement et mentalement. J’ai pris le temps de récupérer complètement. Cependant après une reprise progressive j’ai été blessé au genou. Une gène qui dure maintenant depuis plusieurs semaines.

 Comment t'entraînes-tu et avec qui ?

 J’ai pris pour habitude de m’entraîner souvent seul ou à deux. Quand je suis en région parisienne je roule avec Tony (Gallopin). J’aime enchaîner les heures afin de faire une grosse base de foncier l’hiver. Cette année j’ai décidé de descendre plusieurs semaines sur la côte d’azur ou je m’entraîne plus spécifiquement sur des terrains vallonnés et avec d’autres collègues et amis comme Huta, Micka (Cherel), Steph (Rossetto) et d’autres.

 Quel sera ton rôle dans l'équipe et quels sont tes objectifs pour cette saison ?

 J’aurai un rôle de coureur protégé sur certaines courses l’an prochain. Pour ne pas dire leader puisque c’est les jambes qui parlent. J’espère pouvoir jouer les premiers rôles sur les classiques avec comme objectif les flandriennes, pour la première partie de saison. Le reste on verra.

 Un mot sur le cyclisme d'aujourd'hui

 Le cyclisme d’aujourd’hui est en pleine mutation. Il y a eu pendant de nombreuses années beaucoup d’abus. Pourtant de nombreuses nations terres de cyclisme prennent conscience de ces abus. On va dans le bon sens, chacun pour avoir sa place dans un cyclisme qui s’internationalise.

 Que changerais-tu dans ce sport ?

 Je changerai les règles. J’établirai des choses claires et les mêmes pour tous. Le cyclisme a besoin de se moderniser, qu’on arrête d’avoir des scénarios pré-écrits !!! Le cyclisme doit rester un sport passionnant pour un large public.

 Qui est Yoann, l'homme ?

 Je pense être dans la vie comme je le suis sur le vélo. Avec des qualités et des défauts. J’ai des valeurs auxquelles je ne déroge pas. Cependant je suis aussi parfois impulsif, mais je tends à m’améliorer J

 Qu'aimes-tu faire pendant ton temps libre ?

 Je m’intéresse à tout. J’aime lire, regarder, apprendre… Bref je passe mon temps à apprendre de nouvelles choses. J’aime aussi la politique, la finance…

 Si tu n'avais pas été cycliste, qu'aurais-tu fait dans la vie ?

 Je n’avais pas d’idée précise. Je vis au jour le jour. J’ai toujours fait des études les plus larges possibles pour ne pas avoir à choisir quel métier je ferai. Cependant je me serai bien vu Trader ou un métier du genre.

 Tu es seul en tête dans le dernier kilomètre, la ligne est devant toi, à quoi ou à qui penses-tu ?

 Une fois que je sais que la victoire est mienne, je pense d’abord à tous les gens qui ont cru en moi, mon staff, mon entraîneur mais aussi et surtout à ma famille et amis qui me soutiennent dans les bons comme les mauvais moments. Je pense aussi à tout le travail accompli pour seulement quelques secondes de bonheur, mais le jeu en vaut la chandelle !

 

Merci à Yoann pour sa disponibilité, nous lui souhaitons bon courage pour cette saison

Interview réalisée par Maryline Haudegon